Mathilde Chabal : une ambition olympique née sur les tatamis du Beaujolais
Des premiers entraînements en Beaujolais à son entrée prochaine à l'INSEP, le parcours de Mathilde Chabal raconte bien plus qu'une réussite sportive : celui d'un talent révélé, accompagné et encouragé par tout un territoire.

À 23 ans, Mathilde Chabal poursuit un rêve qui l’accompagne depuis ses premiers pas sur un tatami : celui de participer un jour aux Jeux Olympiques. Athlète de haut niveau depuis 2017 et professionnelle depuis 3 ans, la judokate continue aujourd’hui son ascension entre entraînements de haut niveau, études supérieures et nouveaux défis sportifs.
Mais avant les grandes compétitions, les podiums nationaux et les ambitions olympiques, il y a une histoire qui commence ici, en Beaujolais.
Une première rencontre avec le judo qui change tout
Petite, Mathilde découvre d’abord la danse, vers l’âge de 5 ans. Mais rapidement, elle ressent le besoin de se dépasser davantage : « Il n’y avait pas assez de compétition », raconte-t-elle avec le sourire.
Ses parents l’emmènent alors au forum des associations de l’Escale à Arnas, un rendez-vous qui permet aux habitants de découvrir les nombreuses activités proposées sur le territoire. Parmi elles, le judo. Une rencontre qui va changer son parcours.
Mathilde tombe immédiatement amoureuse de ce sport. Une passion qui ne la quittera plus et qu’elle évoque encore aujourd’hui avec beaucoup d’attachement :
« Petite, le judo occupait déjà une place très importante dans ma vie. Quand je ne pouvais pas aller à un entraînement, j’étais très déçue, car c’était un moment de la semaine que j’attendais avec impatience. »
Dès ses premières années, elle trouve dans cette discipline un équilibre entre dépassement de soi, apprentissage et plaisir.
Des clubs Beaujolais qui ont accompagné ses premiers combats
Ses premiers pas de judokate, Mathilde les fait dans plusieurs clubs du territoire. Elle commence au Club Caladois des Arts Martiaux (CCAM), installé rue de Thizy à Villefranche-sur-Saône, où elle pratique pendant plusieurs années, avant de rejoindre le Judo Club Caladois.
À l’adolescence, elle retrouve ensuite son ancien entraîneur qui décide de créer un nouveau club : l’Alliance Caladoise Judo 69 (ACJ 69), installé dans les mêmes locaux que son premier club, rue de Thizy. Une belle continuité dans son parcours, qui illustre aussi l’importance des liens humains tissés au fil des années.
C’est au sein de ces structures beaujolaises que Mathilde construit ses bases, apprend les exigences du sport de compétition et rencontre ceux qui vont l’accompagner dans son évolution.
Même avec un quotidien rythmé par le haut niveau, elle garde un lien fort avec son club d’origine :
« Quand je rentre en Beaujolais, je passe toujours faire un coucou. Il y a un vrai esprit de famille, une entraide et une énergie collective. C’est ce que j’adore. »
Le Beaujolais, un territoire qui forge les ambitions
Si son parcours l’a ensuite amenée vers les structures du haut niveau – le pôle Espoir de Lyon, puis le pôle France de Strasbourg – Mathilde reste profondément attachée à son territoire d’origine.
Pour elle, le Beaujolais a joué un rôle essentiel dans sa construction, autant par son cadre de vie que par les valeurs humaines qui y règnent :
« Après avoir beaucoup voyagé, je mesure aujourd’hui la chance d’avoir grandi en Beaujolais. C’est un territoire qui offre un équilibre rare, avec des espaces naturels pour se ressourcer, mais aussi toutes les infrastructures et les services nécessaires au quotidien. »
Au-delà du cadre de vie, elle retient surtout les valeurs humaines transmises par le territoire : un fort esprit de communauté, l’entraide et la capacité à rester simple tout en ayant des ambitions.
Des valeurs qu’elle retrouve encore aujourd’hui dans son parcours. Pour financer son voyage au Japon dans le cadre d’un stage sportif, une étape importante dans sa progression vers le haut niveau, elle a pu compter sur le soutien financier de quatre entreprises beaujolaises : Casa Solari à Villefranche-sur-Saône, Intermarché à Gleizé, Jomain Maçonnerie à Liergues et Madame Numérique à Gleizé.
Une illustration concrète de cette solidarité territoriale et du lien fort qui unit Mathilde à son territoire d’origine.
Une sportive de haut niveau… et une étudiante engagée
La réussite de Mathilde ne se construit pas uniquement sur les tatamis. En parallèle de sa carrière d’athlète de haut niveau, elle poursuit également un parcours universitaire exigeant.
Elle réalise ainsi une double licence Économie-Gestion et Droit tout en menant ses entraînements et ses compétitions, puis valide son Master 1 en Économie du développement à l’Université Grenoble Alpes, toujours en parallèle de son engagement sportif.
À la rentrée 2026, elle intégrera l’INSEP à Paris, le centre national d’entraînement et de préparation olympique et paralympique qui accompagne les meilleurs sportifs français, tout en poursuivant son Master 2 « Gouvernance des Organisations pour le Développement International » à Grenoble.
Ce double projet illustre sa rigueur, sa capacité d’organisation et son engagement à construire un parcours complet, associant performance sportive et formation.
Du Beaujolais au haut niveau : une trajectoire guidée par la passion
Au fil des années, Mathilde a franchi de nombreuses étapes et vécu des moments forts qui ont construit son parcours.
Parmi eux, elle garde un souvenir particulier de sa première médaille en coupe d’Europe : « Quand j’étais plus jeune, j’idéalisais cette compétition. Je n’aurais jamais pensé pouvoir y participer et encore moins monter sur un podium. »
Une médaille de bronze remportée aux côtés de son entraîneur de Villefranche, qui représente bien plus qu’une performance sportive : elle symbolise le chemin parcouru depuis ses débuts en Beaujolais.
Aujourd’hui, son objectif reste clair : participer aux Jeux Olympiques. Un rêve qui guide chaque entraînement et chaque compétition.
Actuellement en stage avec l’équipe de France à Vichy, Mathilde prépare ses prochaines échéances, dont les Championnats d’Europe Universitaires en Albanie en septembre 2026,puis les Championnats de France Judo Senior en novembre 2026.
« Croyez en vos rêves, rien n’est impossible »
Aux jeunes sportifs du Beaujolais qui débutent aujourd’hui, Mathilde souhaite transmettre un message qui résume son propre parcours :
« Vous avez beaucoup de chance de pouvoir pratiquer votre sport dans le Beaujolais. Profitez de cet environnement et des personnes qui vous accompagnent. Ayez confiance en vos capacités, fixez-vous des objectifs et donnez-vous les moyens d’aller au bout de vos rêves. Avec de la passion, du travail et de la persévérance, beaucoup de choses deviennent possibles. »
Un message qui résonne avec son histoire : celle d’une jeune Beaujolaise qui a découvert le judo lors d’un forum des associations à l’Escale à Arnas, avant de faire grandir sa passion sur les tatamis caladois et de porter aujourd’hui les couleurs du haut niveau français.
©Crédit photo : Isabelle Le Duc


